• 10. La rue de l'Oliviat

    MEMOIRE DES RUES (10)

     

    SOYE

     

    LA RUE DE L'OLIVIAT

     

     

    Je vous emmène aujourd'hui dans une petite rue située à la limite des villages de Soye et de Spy.

    La rue de l'Oliviat... Un bien joli nom mais ne pensez-vous pas que ce curieux nom mérite une petite visite suivie d'une petite explication ?


    Comme il est plaisant de la parcourir à pied ou à vélo quand le soir jette son voile de plénitude sur les fébriles activités humaines !


    10. La rue de l'Oliviat

     

    Pour la découvrir, quittons donc la place de Soye en direction de Spy.

    A la limite de Soye, juste quand s'amorce la dure et éprouvante montée vers Spy, tournons à droite...

    Voilà, nous sommes arrivés à bon port...


    10. La rue de l'Oliviat












    Entre le monde des campagnes et celui des bâtiments, nous parcourons alors une agréable petite route serpentant dans un coin bien calme de notre localité.


    10. La rue de l'Oliviat



     

     









    Quelques haies sauvages ont pu être préservées le long des grandes pâtures. C'est là que bien souvent se rassemblent les bandes d'oiseaux avides de quiétude.

    N'hésitons pas à les observer et veillons à les respecter !


    10. La rue de l'Oliviat

     

    Mais il est grand temps de vous parler du nom de cette charmante rue...

    C'est qu'il rappelle le souvenir d'un ancien fief : le fief de Loliveau (ou encore Olivial ou Oliviat) situé à Jodion. Jadis, il est propriété de l'abbaye de Gembloux et il relève, d'un point de vue juridique, de la cour foncière de Jodion qui appartient à l'abbaye de Floreffe. (1)


    Sur ce petit territoire, on compte deux fermes : celle de Loliveau et celle d'Insoul.

     

    10. La rue de l'Oliviat












    La ferme de Loliveau existe avant l'an 1400.  Comme toutes les censes (2), elle accueille au cours de sa longue existence de nombreuses familles de fermiers.


    Alors, en nous promenant sur ces terres chargées d'histoire, n'hésitons pas à évoquer le souvenir et le travail de ces censiers d'autrefois... Nous aurions certainement pu y rencontrer un certain Hanozin en 1390, Jehan de Maretz en 1515, Innocent Médard vingt-cinq ans plus tard, Matho Robert et Guillaume Malotteau en cette fin du seizième siècle et au début du dix-septième siècle, Marie Malotteau, la veuve La Rose et plus tard encore, Claude Valence...


    10. La rue de l'Oliviat













    Une description de cette cense est établie en 1585 : 'la maison et cense de Lolliveau appartenant à la vefve Guillaume Maloteau contient en closière, haÿes, raspailles, pour pasturages, environ 3 boniers ; terres labourables environ charue demÿe de 16 boniers a la roÿe ; prets soubs Jodion environ 1 bonier demÿ et soubz la haulteur de Soÿe 2 boniers.'

     

     

    10. La rue de l'Oliviat


    Mais l'histoire de cette ferme prend fin quand elle tombe en ruines : on la rase en 1720. 


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      Le Ry des Miniats, gardien des souvenirs des temps anciens à Soye...


     

    10. La rue de l'Oliviat










    Témoin d'une activité agricole plus récente... 


     

    Quant à la cense d'Insoul, elle est à l'époque enclavée dans les propriétés de la cense de Loliveau. Il apparaît qu'une famille d'Insoul est établie à Jodion au seizième siècle. Claude Valence en devient le propriétaire en 1638.  Quelques années plus tard, il vendra cette ferme à François-Philippe d'Yve, seigneur de Soye. 


    10. La rue de l'Oliviat

     

    Ce noble de Soye ne tarde pas à mettre son bien en louage et les censiers se succèdent... Imaginez les fermiers de l'époque en plein travail... Il y a là Jean Orban en cette année 1654, Pierre Laurent quarante ans plus tard et en ce début du siècle des Lumières, Jean Bournonville...


    10. La rue de l'Oliviat












    Cette petite cense est également démolie et elle disparaît du paysage avant 1740...

    Seul le nom du fief est resté... Mais on n'a jamais pu déterminer l'origine de cette appellation si surprenante... 

     

    10. La rue de l'Oliviat

     

    Près de trois siècles plus tard, d'autres bâtiments ont colonisé les espaces agricoles...


    Au terme de cette petite promenade, il ne nous reste plus qu'à espérer que la sagesse humaine gardera intacts ces lieux où les souvenirs chantent pour tous ceux qui savent les écouter...


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    Notes


    (1) Source : HISTOIRE DE SOYE de Louis LESSIRE - 1969.


    (2) Je me permets d'utiliser les mots CENSE et CENSIER...

    Le nom CENSE dérive du bas-latin censa et signifie fermage. Il est devenu ensuite le nom de la ferme. Ce nom est donné aux fermes dans certaines régions de la France et en Wallonie.

    Rappelons aussi qu'en wallon, ferme et fermier se disent cinse et cinsî.


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