• 10. Lettre du 21 juillet 1935

    DU COURRIER EN PROVENANCE DE TAQUARASSU

     

    UNE LETTRE POUR LE CHER 'DEDE'...

     

     

    Taquarassu, le 21 juillet 1935

     

    Mon cher "Dédé',

     

    Je t'écris cette petite lettre que tu trouveras dans celle de ta petite soeur. Je pense qu'à l'heure présente où je t'écris, tu es déjà en vacances. J'espère recevoir bientôt le résultat de ton année d'études. Je pense que je pourrai être satisfait de ton travail. Tu pourras donc bien t'amuser pendant les vacances, ne pas trop te disputer avec 'Bucke' et surtout ne pas faire crier Maman.


    Tu seras sage et tu obéiras bien à Maman. Comme ta petite soeur, tu l'aideras dans les menus travaux. Tu joueras beaucoup mais aussi tu travailleras un peu. On repasse ce que l'on a appris et on le met d'avance pour la prochaine année. Rien ne s'obtient sans peine. Il faut vouloir et celui qui veut, peut.


    Pendant mon absence, tu seras donc bien sage. Est-ce que tu auras le temps de t'occuper un peu de ta musique avec Alphonse ? Tu me diras aussi à mon retour qui de vous tous aura le mieux travaillé, le mieux obéi à Maman.


    Tu diras à Maman qu'ici tout va bien. La première machine est montée et la deuxième en cours de montage. Sauf imprévu, je compte avoir fini avant les prévisions.

    Il fait toujours un beau temps : assez chaud au soleil, l'idéal pour jouer. Depuis mon arrivée, il n'a pas encore plu.


    Tu feras mes compliments à tous. Quand tu verras le R.P. Lulau (?), tu lui présenteras mes respects (1). Dans ma prochaine lettre, je mettrai une belle carte-vue pour toi.


    Au revoir, mon petit Gros, à bientôt.


    Papa


     

    10. Lettre du 21 juillet 1935


    DU COURRIER EN PROVENANCE DE SABARA


    UNE LETTRE POUR LA PETITE 'BUCKE'...


    Sabara, le 21 juillet 1935


    Ma chère petite "Bucke",


    J'ai été très heureux de recevoir ta belle lettre dernièrement. J'ai remarqué avec plaisir que tu écris très bien et sans fautes, donc que tu étudies bien à l'école puisque de la dernière place tu es arrivée à la deuxième (2). C'est très bien. Je pense aussi qu'à la maison tu es aussi bien sage. Je me demande donc, qui de vous cinq fait gronder Maman le plus souvent. Assurément, ce n'est pas toi... Peut-être est-ce ton grand frère 'Dédé' ? Tu me raconteras cela à mon retour. D'ici là, tu m'écriras pour me dire ta place à la sortie en vacances. Tu me diras aussi lequel de tes frères t'a le plus embêté. Ils te payeront chaque fois une amende de dix centimes, à condition que ce ne soit pas toi qui commence la première ; car dans ce cas, ce serait toi qui leur devrais alors l'amende. Bref, tu auras beaucoup de nouvelles à me raconter.


    Je ne sais pas si les petites filles brésiliennes sont plus sages que celles de Floreffe, mais elles vont bien à l'école et elles chantent très bien. Je les ai entendues souvent car l'école est à côté de notre 'casino'.


    Allons, tu continueras à être bien sage, tu obéiras bien à Maman et tu continueras à bien étudier à l'école. Tu feras mes compliments à tout le monde sans oublier Tante, ton oncle Tintin, ta 'sotte' marraine et à Marcel (3) qui sera peut-être devenu devenu ton parrain. Tu diras aussi bonjour pour moi, à ton parrain 'Babert', à 'Tutur' et à 'Ponpons' sans oublier Jeanne (4).


    Ici, ça va bien. Toujours au soleil, pas trop chaud et pas de pluie pour le moment. Il y a ici beaucoup de bonnes choses, des oranges, et je ne sais pas tout quoi, surtout beaucoup de bananes. Comme tu les aimes beaucoup, j'en mange une pour toi tous les jours. Tu dois donc bien savoir si elles sont bonnes. Je n'oublie pas la bague, mais je pense qu'il me faudra envoyer une nouvelle mesure car d'après celle que tu me  donnes dans ta lettre et celle que j'ai prise, ton doigt a beaucoup profité.


    Bref, cela s'arrangera. Tu n'oublies pas de dire bonjour pour moi à tout le monde et aussi à Madame Pirson. 


    Je t'envoie ci-joint une belle carte de Bello Horizonte.


    Au revoir, ma petit 'Bucke', à bientôt,


    Papa.


     

    10. Lettre du 21 juillet 1935


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    Notes


    (1) André est alors étudiant au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur. Il est âgé de treize ans et termine sa 'sixième latine', la première année des humanités anciennes.


    (2) Bucke ou Marie-Henriette est âgée alors de huit ans et doit finir sa deuxième année primaire à l'école catholique des filles à Floreffe. Notons que l'année scolaire se termine à la fin du mois de juillet.


    (3) La Tante (qui habitait la maison que j'occupe actuellement) est en fait la belle-soeur d'Arthur. L'oncle Tintin est Célestin, son mari. La 'sotte' marraine de Marie-Henriette est Henriette, la fille de la Tante et de l'oncle Tintin. Marcel est le fiancé d'Henriette. Ces quatre personnes ont occupé la maison qui abrite ma famille aujourd'hui. Leur souvenir 'hante' encore les pièces dans lesquelles je vis.


    (4) Ils citent ici les autres frères de Marie-Henriette et d'André, ainsi que Jeanne, la fiancée de l'aîné.



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