• 13. Un quatrain oublié

    FLOREFFE (13)

     

     

    UN QUATRAIN OUBLIE

    ou la mémoire poétique d'un artisan en 1620

     

    Il y a dans notre village des pierres qui se veulent discrètes. Malgré leur grand âge, elles ont encore des messages à nous livrer.

    Mais qui prend encore le temps de lire ces paroles d'un temps révolu ?

     

    C'est d'un quatrain gravé dans la pierre dont je voudrais vous parler aujourd'hui. A moitié effacé par les rigueurs du climat, il peine à se manifester. Pourtant, il est là, si proche des étudiants, des professeurs et des visiteurs de la vénérable abbaye.

     

    13. Un quatrain oublié

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Beaucoup de personnes connaissent la porte d'entrée de l'abbaye, cette Porte Blanche datant de 1790 et que le grandiose XVIIIème siècle n'a pas hésité à rendre majestueuse.

    C'est précisément là, quelques mètres avant de la franchir que ce quatrain chante.

     

    13. Un quatrain oublié

     

    Approchons-nous et écoutons-le murmurer d'une voix quasi inaudible : 

     

    VOUS QUI PAR ICI PASSE

     CONTEMPLE MA PASSION

     ET QUANT SERE TREPASSE

     I AURAY DE VOUS COMPATION.

    1620

     

     

    13. Un quatrain oublié

     

    Une petite traduction s'impose :

     

    Il faut d'abord se dire que c'est le Christ qui parle et que tout ceci doit se placer dans un contexte catholique... N'oublions pas que nous sommes dans une abbaye.

     

        Vous qui passez par ici                                                              Vous qui passez ici

        contemplez ma passion                             souvenez-vous que je suis mort pour vous sur la croix

    et quand vous serez trépassé                                       et quand vous serez mort à votre tour

      j'aurai de vous compassion                                                         j'aurai pitié de vous

                        1620                                                                                            1620

     

    Une petite explication est nécessaire également...

     

    C'est l'abbé Lombet dans son livre 'L'abbaye de Floreffe' (1) qui nous apporte la lumière sur cette sombre affaire de passion et de compassion...

     

    En fait, avant 1790, l'entrée de l'abbaye était munie de deux portes : une était destinée au passage des piétons et l'autre était une porte charretière dominée par un calvaire (2) qui forçait quelque peu le visiteur à la méditation.

     

    La pierre et son quatrain sont très certainement un vestige de ce calvaire disparu. Il est possible que lors de la construction de la nouvelle entrée, on a voulu préserver ce précieux témoignage vieux maintenant de près de quatre siècles.

     

    N'hésitons donc pas à le découvrir ! Ainsi nous continuerons le travail de mémoire entrepris par les Anciens du village...

     

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    Notes

     

    (1) 'L'ABBAYE DE FLOREFFE' - Jean Lombet - Wallonie, Art et Histoire -

         Editions Duculot, Gembloux 1976

     

    (2) Précisons qu'un calvaire est une représentation de la scène de la crucifixion du Christ. C'est l'occasion aussi de rappeler que le village de Franière possède un calvaire monumental non loin de la rue de Trémouroux. Il a été érigé en 1930 au temps où l'Abbé Edmond Dorignaux était curé de la paroisse.

     

    13. Un quatrain oublié

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       Le calvaire de Franière (1930)

     


  • Commentaires

    1
    solredo
    Mercredi 9 Janvier 2013 à 13:25

    magnifique ce quatrain  preserve    merci à vous jean de nous l avoir transmis.....



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