• 18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

    VIEUX PAPIERS DE MEMOIRE (18)

     

     

    BLANCHE-NEIGE AU BOIS DORMANT


    Une comédie présentée par les Spectacles Populaires 

    à Floreffe, le 11 mars et le 8 avril 1945.

     

     

    Encore des papiers... Toujours des vieux papiers... Aurai-je le temps de les trier tous avant ma dernière heure en ce bas monde ?

    En attendant, donnez-moi l'occasion de vous en présenter deux petits nouveaux !


    J'avoue que c'est le titre de cette comédie présentée en ces temps de fin de guerre à Floreffe qui a éveillé ma curiosité...


     

    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

    Programme du dimanche 11 mars 1945... La jeune fille de 17 ans qui interprète Blanche-Neige

    ce jour-là est loin de se douter que, tout juste treize ans plus tard, elle donnerait le jour à 

    une petite fille nommée Anne-Marie, ma première petite soeur...



    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

     Programme du dimanche 8 avril 1945

     

    Blanche-Neige ? Oui ! Bien sûr !

    Si je la connais ? Mais oui ! Je l'aime bien, Blanche-Neige... Maman me parlait si souvent d'elle quand j'étais petit... Et je l'ai même rencontrée, il y a quelques années non loin de Paris... Elle était si charmante mais malheureusement si muette... Comme j'aurais aimé qu'elle me dise un simple bonjour, histoire d'entendre sa douce voix au puissant pouvoir enchanteur... Et autour de moi, de   jeunes enfants avaient l'immense privilège d'emporter un exemplaire de sa gracieuse signature... Comme j'étais jaloux !  Si, si... Je vous l'assure ! 


     18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)





     Blanche-Neige dans toute sa simplicité...


     Comme je suis jaloux ! Son pouvoir enchanteur est si intense qu'elle  

     arrive à parler le langage de mes amis les oiseaux...


     (source : www.colorierdessins.com)

     

    Le Bois Dormant ? Oui ! Je connais bien également... Il y séjourne une Belle mais je suis sûr qu'elle ne s'appelle pas Blanche-Neige ! 


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)






    La Belle au bois dormant.

    Illustration de Gustave Doré (1)


    Source : Encyclopédie en ligne Wikipédia.



    Mais alors, que s'est-il passé durant ces années où notre pays commençait lentement à respirer un air plus pur, plus léger, plus vivifiant... L'air de cette liberté tant attendue... Il est vrai qu'à la fin de ce mois d'avril 1945, là-bas dans un sombre bunker isolé dans cette capitale anéantie par la folie humaine, une âme perdue mettait fin à sa déraison meurtrière... (2) 


    Alors, les contes auraient-ils profité également de cette liberté au point de fusionner leur titre ? Bizarre... Vous ne trouvez pas ?


    Pourtant, ce n'est pas un conte qui est mis en scène à Floreffe. Le programme nous indique clairement qu'il s'agit d'une comédie féérique en quatre actes d'Emile Schwartz (3)... Tout un programme qui m'engage une nouvelle fois sur un autre chemin de mémoire...


    Savez-vous que j'ai retrouvé le livre de Blanche-Neige ? C'est heureux car les rôles sont originaux et bien différents de ceux que l'on pourrait imaginer...


     

    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

    Une Blanche-Neige visiblement plus proche

    de la Sainte-Vierge que de l'amie des sept nains... 


    Qui joue dans cette comédie ? Voici quelques explications...


    Ce sont les membres de la chorale paroissiale de Floreffe. Toutes des jeunes femmes...


    Il y a évidemment d'abord Blanche-Neige... Comme je l'ai dit plus haut, ce rôle est interprété par ma mère, Marie-Henriette Liénart âgée à l'époque de 17 ans.


    Une note de l'éditeur permet de nous faire une idée de ce personnage. 

    "Blanche-Neige n'est plus seulement ici la charmante héroïne du conte de Grimm, elle personnifie également tout ce qui, dans ce monde, est beauté, blancheur, lumière, tout ce qui nous donne des raisons d'espérer et de croire. Blanche-Neige, c'est la Poésie."


    Au deuxième acte dans la cinquième scène, ne murmure-t-elle pas, rêveuse :

    "La poésie !... C'est donc de l'amour..." 


    Autour de l'héroïne, il y a tout de même sept nains. Mais ceux-ci portent des noms particuliers. Il y a d'abord Double-Sac, nain rondouillard qui représente, d'après l'éditeur, le réalisme satisfait. Ce rôle est interprété à Floreffe par Anne-Marie Préat alors âgée de 25 ans (4). 


    Un autre nain s'appelle Goutte-de-Rosée. C'est le poète et une délicate idylle s'ébauche entre lui et Blanche-Neige. C'est Claire Joly âgée de 19 ans qui joue le rôle (5).


    Un autre copain de la forêt se nomme Mousse-des-Bois. C'est Marie-José Orban (6) qui l'incarne. C'est Mousse-des-Bois qui clôture la comédie en s'adressant à Goutte-de-Rosée...

    "Non ! Goutte-de-Rosée, les beaux contes ne finissent jamais ou plutôt, ils recommencent toujours. Aussi longtemps qu'il y aura pour l'accueillir des coeurs de poètes rêvant de tendresse et de beauté, Blanche-Neige reviendra dans ce monde, car Blanche-Neige, c'est la poésie et la poésie est immortelle."


    Les autres nains s'appellent Coquelicot (interprété par Marguerite Lapière), Ecureuil (interprété par Colette Lomba), Champignon (interprété par Renée Quinart) et Casse-Noisette (interprété par Madeleine Fraipont alors âgée de 14 ans).


     

    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

    De vieux rôles qui ont été mémorisés et qui ont scellé à jamais des amitiés

    au sein d'une jeunesse qui espérait retrouver rapidement la paix.



    Autour de tout ce monde gravitaient également une Reine déguisée en colporteuse et incarnée par Marie-Thérèse Pisvin et un Prince nommé Rayon de Soleil sous les traits de Renée Thiémé. Un écuyer (joué par Georgette Delahaut) et un page (interprété par Odette Croisier) terminent la liste des représentants d'une jeunesse floreffoise bien active en ces années de fin de guerre.


    Le programme mentionne également le gracieux concours de Jean Hilaire qui était premier prix de Conservatoire de Montpellier et de Marie-Thérèse Lapière, prix d'Excellence du Jury Musical  (7).



    Et puis, les années ont passé... Nous voici déjà au début des années soixante... Et je me souviens encore d'un petit théâtre en bois que Papa avait construit pour une fête de Saint-Nicolas... Maman avait dessiné le décor et la place d'honneur revenait à Blanche-Neige dansant toute heureuse avec un nain au milieu de mille notes de musique...


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)

      








    Ma soeur Anne-Marie devant le théâtre de Blanche-Neige dans le salon de la maison de notre enfance à Floreffe.


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)







    Et la grand-mère Joséphine, toute heureuse de l'animation provoquée par la danse de Blanche-Neige...

    Souvenir des jours paisibles d'une enfance floreffoise en ce début des Golden Sixties...



    Blanche-Neige avait marqué l'enfance de Maman et quelques années plus tard, la nôtre...

    Allez-vous également succomber à son charme ?


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)










      Maman à l'époque de Blanche-Neige...

     


    _______________________________________________


    Notes 


    (1) Gustave Doré est un sculpteur, illustrateur, peintre et graveur français né à Strasbourg en 1832 et mort à Paris en 1883.


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)









     Gustave Doré photographié par Nadar



    (2) Adolf Hitler mettra fin à ses jours le 30 avril 1945 à Berlin.


    (3) Emile Schwarz est un poète et un auteur dramatique belge. Il est né en 1892. Après des études au Collège Saint-Michel de Bruxelles, il exerce divers petits métiers avant de devenir vendeur d'eaux-fortes, métier qu'il exercera toute sa vie.

    En 1921, il lance une revue littéraire La Source.  Il s'agit d'un mensuel littéraire dont le but est de propager son idéal de rédemption par la poésie. En effet, il souhaite mobiliser les classes populaires en leur dispensant un bonheur poétique. Pour cela, il s'inspire largement de l'idéal franciscain en insistant sur la pauvreté et le sacrifice.


    18. Blanche-Neige à Floreffe (1945)










     Tendresses : contes et poèmes en prose (1926)


    En 1947, c'est lui qui traduit le Jeu du Saint-Sang de Bruges du Père Joseph Boon.

    Il décéde en 1970.


    (4) Pour avoir des précisions, on lira l'article 'Cher Monsieur Préat' dans la rubrique 'Vieux papiers de mémoire'.


    (5) Claire Joly deviendra la belle-soeur de Maman quelques années plus tard...


    (6) On pourra lire l'article sur la rue Emile Romedenne dans la rubrique 'Mémoire des rues' pour avoir quelques informations sur Marie-José Orban.


    (7) Marie-Thérèse Lapière et Jean Hilaire, tous deux âgés à l'époque de 22 ans fonderont plus tard une famille et habiteront dans la rue Hastir. La musique les guidera toute leur vie. Leur fils Paul et leur petit-fils Arnaud seront aussi actifs dans le domaine musical.


    Arnaud joue de la cornemuse. Je me souviens des soirées durant lesquelles il répétait

     inlassablement dans la maison de sa grand-mère. Il a même enregistré un CD intitulé

    'Le Sac et la Corde' avec Luc Pilartz qui joue ici du violon. Super, Arnaud !

    Je t'encourage très fort et quand tu reviens à Floreffe, n'oublie pas de venir me dire bonjour...



  • Commentaires

    1
    MAINIL
    Mercredi 17 Octobre 2012 à 19:17

    Votre blog est magnifique... chapeau...!

    Je suis inscrite au CHAM à Malonne et voudrait vous demander des renseignements . Accepteriez-vous de communiquer votre adresse mail?? svp

    D'avance merci.

    B

     

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    2
    Andrée Lavigne
    Lundi 19 Janvier 2015 à 17:03
    que de souvenirs!M-Therése Lapière m'a donné des leçons de piano.Marguerite Lapiere et Madeleine Fraipontétait en classe avec moi.Ma soeur,Marie-Louise à fait partie de la chorale quelque temps.Nous habitions,16,rue de la gare,maintenant,24,rue Hastir.A bientot,A.Lavigne.


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