• 21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

    VIEUX PAPIERS DE MEMOIRE (21)                           Jean-de-Floreffe - ce 7 juillet 2013

     

     

    ANDRE DULIERE M'A ECRIT...

    Le testament d'un professeur passionné.

     

     

    Je viens de retrouver dans mes archives quatre feuilles de papier jauni par un temps qui passe décidément bien trop vite...

    Oh ! Que je suis content de les retrouver ! Je les cherchais depuis longtemps. Elles étaient finalement trop bien rangées !

     

    En fait, il s'agit d'une longue lettre que j'ai reçue à la fin des vacances de l'année 1975 !  

     

    Cette année-là, avec deux ans de retard, je me préparais à entrer dans ma dernière année du cycle secondaire... J'étais alors en 2 TCO : il s'agissait d'une section commerciale à l'Institut Technique de Namur. Durant cette année, mon professeur de français était un homme bien connu dans le Namurois : il s'appelait André Dulière. Il avait été journaliste et en plus, il écrivait des livres... Voilà de quoi impressionner le timide élève que j'étais alors dans cette grande cour de récréation de l'ITN...

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     La classe de 2 TCO à laquelle André Dulière venait de donner ses dernières heures de cours...

    Dans la cour de l'ITN, nous étions une bande de joyeux lascars...

    Au-dessus, de gauche à droite : Georges, Christian, Jean-Yves, Charly, Pacal, moi, Thierry.

    Au milieu, de gauche à droite : le professeur d'allemand, Jean-Paul, Thierry, Philippe, Alain, Claude, Philippe, Jean-Pol.

    En dessous, de gauche à droite : Patrick, Hugues, Patrick, Patrick, Philippe, Jacques, Jean-Claude, Alain. 

     

    André devait nous parler de littérature, de poésie et de philosophie. Une mission quasi impossible car nous étions une bande de joyeux insouciants, plus enclins à sortir durant le week-end et à chercher la moindre occasion de nous distraire durant la semaine. Pour ma part, j'étais loin de sortir et de m'amuser. Mes parents exerçaient une pression considérable pour que j'obtienne le plus tôt possible mon  diplôme d'enseignement secondaire... Il était certain que je m'étais assez amusé auparavant... Les affaires devenaient urgentes !

    La littérature m'intéressait-elle ? Oui, un peu... Mais pas davantage... Je n'aimais pas lire et les savantes tournures littéraires m'incitaient davantage à aller m'entretenir avec mes amis les oiseaux au fin fond des bois floreffois... 

    André nous parlait avec passion des écrivains du temps jadis... Il nous les présentait en racontant leurs bonheurs et leurs malheurs intimes tout en lisant de courts extraits de leurs oeuvres... Ainsi nous admettions aisément que tous ces gens-là aient pu écrire de la sorte... Comment auraient-ils pu vivre sans dévoiler sur le papier leurs sentiments et leurs émotions ? 

    Il nous conseillait de lire certains livres mais il n'exigeait pas qu'on le fasse. Laxisme ? Non pas ! Je ne l'ai compris plus tard, beaucoup plus tard. En fait, il ouvrait les grandes portes de la connaissance et il laissait ces portes entrouvertes en nous confiant la responsabilité de les ouvrir plus grandes encore quand l'heure du désir sincère d'apprendre viendrait... 

    Il n'hésitait pas à raconter ses rencontres avec des écrivains de l'époque. C'est alors que je découvris Pierre Daninos (1) et Armand Lanoux (2). André les avait même invités autrefois dans les classes de notre section... Il connaissait si bien ce monde de la littérature qu'il nous le racontait avec passion et grande compétence.

    C'est ainsi que l'univers des écrivains me parut finalement plus accessible... Grâce à André, ils étaient là plus présents et dans le fond de mon coeur, certains étaient même devenus des amis proches...

     

    J'ai poussé les portes entrouvertes par André beaucoup plus tard... Derrière celles-ci, j'ai découvert des joyaux dissimulés au coeur des livres, j'ai ressenti des émotions enfouies au sein des phrases et j'ai effectué des voyages tracés dans le noyau des mots... Merci encore, André !

    Quelle aventure ! Je suis aujourd'hui certain qu'elle se poursuivra jusqu'à mon dernier souffle...

     

    L'action pédagogique d'André se poursuivait ensuite sur l'âpre chemin de la dissertation. D'emblée, il nous conseilla de lire le livre qu'il venait de publier : 'Pour bien écrire' (3). Mais, à l'époque, je me moquais éperdument des conseils qu'on me donnait et j'oubliai bien vite ce livre ! 

    Savez-vous que j'ai acheté ce livre il y a quelques semaines dans une librairie du centre de Namur ?  Après sa lecture, j'ai amèrement constaté que j'aurais dû l'acheter en 1974 et l'appliquer immédiatement... Cela m'aurait épargné pas mal de souffrances lors de mes études...

    Car, voyez-vous, je n'étais pas glorieux dans les dissertations... Je n'ai compris que longtemps après que je ne méditais pas assez longtemps les sujets... Je m'y prenais au dernier moment et j'écrivais quelques banalités... Heureusement, André nous donnait un point supplémentaire si nous dactylographions le texte. Souvent, j'obtenais huit ou neuf sur vingt et quand j'atteignais douze, c'était la fête dans ma tête... Ceci dit, il faut savoir que mon texte était toujours dactylographié...

     

    C'est pourquoi aujourd'hui je vous parle de ce professeur qui m'impressionnait avec son expérience et sa grande culture générale qu'il partageait généreusement.

    Car aujourd'hui, je suis sûr qu'André était un être doux, attentionné, simple et très certainement timide...   

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

       André  Dulière  est  né  dans   la   rue  Grandgagnage  à  Namur 'avant l'aube du 22

       janvier  1922'  (4).

       Il  est  d'abord  journaliste  pour  le  quotidien  namurois 'Vers l'Avenir'.

       Il arrive à l'Institut Technique de Namur comme professeur de français et d'histoire

       dans   la  section   commerciale  secondaire  supérieure  le  1er  octobre  1959.  Le  20

       décembre   1976,  la  Faculté  des  Lettres  de  l'Université  de  Clermont-Ferrand  lui

       décerne  le  diplôme  de  Docteur  d'Université,  suite  à  la  soutenance  d'une  thèse

       consacrée au romancier Pierre-Henri Simon (5).

       André nous quitte après l'aube des années nonante... 

     

     

          Ci-contre : André Dulière à Paris en novembre 1988...

        Photo aimablement fournie par mon ancien collègue Benoît D. qui était son neveu.

        Merci encore, Benoît !

     

     

    Voici donc le contenu de cette lettre (6)...

     

     

     

    André DULIERE        

    Haute-Fontaine (7)

    5730 MALONNE                                                                                                          Malonne, le 24 août 1975

     

    Mon cher Jean, 

     

    J'ai gardé un souvenir radieux de l'année scolaire que je viens de vivre en 2de T. Commerciale (8). Dès mon entrée dans votre classe, j'ai senti que nous étions destinés à nous entendre et à faire ensemble du bon travail. Le dialogue s'est tout de suite établi.

    C'est dire que je me réjouissais tout spécialement de monter avec vous en classe terminale, comme professeur de français et d'Histoire contemporaine, et, surtout, d'être votre titulaire de classe. J'étais décidé à vous conduire ainsi, au fil de l'année, sur ce que Jean Guéhenno (9) appelle si justement le chemin des hommes ; ce qui doit être le but de toutes les humanités, quelles qu'elles soient.

    J'attendais beaucoup de vous. De votre côté, vous étiez en droit d'attendre beaucoup de moi.

    Fin juin et début juillet, sur mon lit d'hôpital, j'échafaudais déjà de grands projets pour ma nouvelle 3e T. CO et je me rappelai ces mots admirables de Saint-Exupéry (10) : Prendre le meilleur de chacun et en faire un cantique.

    Jusqu'à la mi-juillet, l'ambulance me ramena chez moi et que j'avais apparemment bien des motifs de me réjouir, la plus terrible nouvelle que je pouvais redouter sur le plan professionnel, m'attendait : les médecins me demandaient de renoncer à l'enseignement, si je ne voulais pas aller tout droit vers un nouvel infarctus qui risquerait d'être catastrophique. J'étais bouleversé à un point que vous ne pouvez imaginer, car l'enseignement était pour moi une véritable passion. Le contact des jeunes me donnait la douce illusion de croire que mon vieux coeur de 54 ans était encore un coeur de rhétoricien (11).

    En vérité, j'ai ma part de responsabilité dans l'épreuve qui m'accable. Pendant le 3e trimestre, en dépit de souffrances dans la colonne vertébrale, j'ai voulu continuer de donner cours. Ma vie, dès lors, s'est résumée en une navette quotidienne entre l'estrade et le lit. Mon objectif était simple : "tenir" jusqu'au dernier jour de cours, c'est-à-dire le 6 juin. Après quoi, je pourrais rester allongé pour corriger les examens, et je profiterais des vacances pour me guérir. Or c'est le 6 juin exactement, à l'aube, que tout a craqué : infarctus suivi de complications qui allaient me mener, de nombreux jours, en chambre de réanimation.

    C'est donc à vous que, le 5 juin après-midi, j'ai donné, sans le savoir, les deux dernières heures de ma carrière de professeur.

    Ajouterai-je que l'avis de mes anciens élèves rejoint exactement celui des médecins. Plusieurs sortants de 75, venant aux nouvelles, à Malonne, pendant que j'étais hospitalisé, n'ont pas craint de dire à mon épouse : "En tout cas, s'il veut faire pour sa nouvelle 3e T. CO ce qu'il a fait pour nous, il n'arrivera jamais au bout et il se tuera".

    Comme les avis de mes élèves concordent avec ceux des médecins, mon devoir est hélas ! tout tracé.

    Certaines personnes, qui me voulaient du bien, m'ont suggéré de faire l'enseignement "ralenti" : donner uniquement cours et disparaître, sans m'occuper des élèves, c'est-à-dire de l'essentiel. Autant demander à Jacky Ickx (12) de faire les Vingt-quatre heures du Mans... au ralenti.

    C'est donc avec une infinie tristesse que je dois vous annoncer que nous ne retrouverons pas au rendez-vous de 75-76.

    Cependant, vu la confiance que vous m'avez toujours témoignée, je vous demande - au nom de cette confiance - de reporter sur mon successeur (qui sera vraisemblablement monsieur D.) toute la sympathie et toute la bonne volonté que vous m'avez manifestées. Agé de moins de trente ans, monsieur D. a déjà, derrière lui, quelques années d'expérience, et je suis certain que vous pourrez compter, sans restriction, sur son dévouement.  Il a, en outre, le grand avantage d'être un quart de siècle plus jeune que moi, c'est-à-dire beaucoup plus proche de vous. (13)

    Je vous invite donc à bien vouloir, DES LA PREMIERE MINUTE de l'année scolaire, vous affirmer comme une classe terminale IMPECCABLE : celle que je rêvais de mener à bon port. Je vous demande de faire confiance à tous vos professeurs et éducateurs. Puis-je insister pour que vous soyez spécialement galants envers vos professeurs féminins ? Opposer vingt-quatre garçons à une dame seule, c'est livrer un combat inégal, qui ne requiert aucun courage. (13)

    Je vous demanderai aussi d'élire sans tarder (en présence de votre nouveau titulaire) un Conseil de classe de TOUTE PREMIERE QUALITE. Vous ne manquez certainement pas de bons candidats. J'en vois au moins sept ou huit qui conviendraient très bien. Votre choix sera difficile. Je vous exhorte à faire un vote de maturité, c'est-à-dire ne pas donner la préférence à trois "copains", mais aux trois condisciples les plus qualifiés. Les trois élèves qui recueilleront le plus grand nombre de voix seront les trois membres effectifs ; le quatrième, le suppléant. Je souhaite que ce Conseil de classe ait une mission constructive : dès qu'un problème commence à se poser, parlez-en tout de suite à votre titulaire pour que l'on trouve rapidement une solution, avant que la situation ne se complique ou ne se dégrade. Le Conseil de classe de l'an dernier a été exemplaire. Prenez exemple sur lui.

    Ajouterai-je que (bien que ne vous ayant connu qu'en 2de T. Commerciale), je vous considère, dès maintenant, comme des "anciens élèves à part entière" et que j'introduis déjà vos noms dans mon fichier. Moralement, vous aurez été ma dernière 3e T.CO ; je dirai même une 3e T.CO privilégiée : celle en laquelle j'avais placé beaucoup d'espoirs, mais que je n'aurai pu suivre que par la pensée et par le coeur. Comme tous les autres anciens, vous serez toujours les bienvenus dans ma retraite champètre de Malonne. Ne craignez pas d'avoir recours à moi, si vous pensez que je puis vous être utile. Je demande simplement pour l'organisation de mon travail et la répartition des visiteurs que vous preniez toujours rendez-vous par téléphone.

    Dès que mon état de santé le permettra, j'irai vous rendre une visite d'amitié. Vous serez prévenu, la veille par votre titulaire.

    Enfin, si les circonstances le permettent, je demanderai d'être, en juin 76, membre du jury de fin d'année. Et si, lors de votre dîner de finalistes, vous avez la gentillesse de m'inviter en compagnie de vos autres professeurs, j'espère ne contempler, ce jour-là, que des visages épanouis par la victoire. L'an dernier, je vous avais donné comme mot d'ordre "Tous en 3e T.CO, l'an prochain !" Il n'y eut qu'une seule et malheureuse exception. Il n'en faut AUCUNE en juin 76. (14)

    Si vous le permettez, les derniers mots que je vous adresserai, en tant que professeur auront un peu l'allure d'une confidence. Dès l'âge de 18 ans (le vôtre), j'ai été, comme tous ceux de ma génération, pris dans les tourbillons et les remous de la guerre et de l'histoire. Les aventures n'ont pas manqué (l'invasion, les dangers de l'action clandestine, la campagne d'Allemagne). (15)

    Vous pourriez donc croire, de prime abord, que s'il fallait établir un classement en se plaçant au seul point de vue de l'aventure (et les jeunes aiment l'aventure), il faudrait citer : 1°) la guerre ; 2°) mes treize années de journalisme ; 3°) l'enseignement.

    Croyez-moi sur parole, si je vous dis que c'est exactement le contraire : oui, il y a plus de joie, de grandeur et même d'AVENTURE à s'occuper d'une classe de jeunes de 18 ans que d'entrer en vainqueur dans un pays soumis. Il y a plus de joie, de grandeur et même d'aventure à conquérir des esprits et des coeurs qu'à conquérir des territoires ; plus de joie à discuter d'un beau texte que de s'adonner à la griserie de la grenade ou du fusil-mitrailleur. Cela est d'un autre ordre, dirait Pascal, infiniment plus élevé (16).

    Cette plus belle aventure de ma vie, contrairement à ce que j'espérais, n'aura donc été qu'une parenthèse de seize années, qu'il faut bien fermer aujourd'hui.

    Merci pour tout le bonheur que vous m'avez apporté.

    Et veuillez croire, tout à la fois, à ma profonde tristesse et à ma profonde sympathie.

     

    André Dulière

     

    ___________________________________

     

    Notes

     

    (1) Né à Paris le 26 mai 1913, Pierre Daninos était un écrivain et humoriste français. Il était surtout connu pour son livre 'Les Carnets du Major Thompson'.

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

       André Dulière l'avait invité dans la classe de dernière année de Commerciale le

      mardi 21 avril 1970.

      Quant à moi, j'ai toujours apprécié son livre  'Les Carnets du Bon Dieu'.

     

      Pierre Daninos nous a quittés à Paris le 7 janvier 2005.

     

    (2) Armand Lanoux était un écrivain français né à Paris le 24 octobre 1913. Il reçut de nombreux prix dont le Prix Goncourt en 1963 pour son livre 'Quand la mer se retire'.

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

       Armand Lanoux était venu à l'Institut Technique de Namur le vendredi 24 février 1967

       pour assister à la présentation du travail d'un élève à propos du livre 'Le Commandant

       Watrin'. 

     

      Armand Lanoux est décédé à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) le 23 mars 1983.

     

     

    (3) POUR MIEUX ECRIRE d'André Dulière - Editions SODI, Paris-Bruxelles - 1970.

     

    (4) On lira SOUVENIRS D'UN MAUVAIS ELEVE, livre qu'il a écrit en 1988 mais qui a été publié en 1994 par la Librairie 'Au Vieux Quartier' à Namur.

     

    (5) Le titre de la thèse de doctorat présentée à Clermont-Ferrand en 1976 se présente comme suit :

    PIERRE-HENRI SIMON ROMANCIER

    THEMES ET PARENTES SPIRITUELLES.

     

    (6) Cette lettre était un polycopié reproduit à l'aide d'une machine que l'on appelait 'stencileuse à alcool'. Je l'ai utilisée également au début de ma carrière d'enseignant. Elle laissait des traces peu gracieuses sur les mains et sur les feuilles... André Dulière avait gentiment personnalisé les lettres qu'il avait envoyées.

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

    A la fin de sa lettre, André me félicite pour mes résultats et me confie une mission... 

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     P.S. Félicitations pour tes

    bons résultats de juin. Essaie,

    en 3 TCO, de jouer un rôle plus

    actif pour le plus grand bien

    de la classe.

     

    (7) André Dulière habitait au lieu-dit 'Haute-Fontaine' à Malonne. De temps en temps, il venait à l'Institut Technique de Namur à pied, ce qui représente une marche de huit kilomètres. Il nous conseillait souvent de prendre soin de notre santé en marchant régulièrement.

     

    (8) A l'Institut Technique de Namur, il y avait alors une section commerciale. Les trois premières années se nommaient 1 CO, 2 CO et 3 CO. Dans le cycle supérieur, on précisait 1 TCO, 2 TCO et finalement 3 TCO.

    Nous terminions alors la 2 TCO et André Dulière nous avait donné le cours de français. Comme chaque année, il devait être le titulaire de notre dernière année tout en enseignant le français et l'histoire. 

     

    (9) Dans ses livres, dans ses cours, dans ses correspondances, André Dulière citait régulièrement les auteurs qu'il appréciait. Ici, c'est Jean Guéhenno qui est à l'honneur.

     

    Jean Guéhenno est né à Fougères en Ille-et-Vilaine en Bretagne le 25 mars 1890. 

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

      C'est un écrivain et un critique littéraire qui publie en 1959 le livre 'Sur le chemin des

      hommes' dont parle André Dulière.

     

      Il est décédé à Paris le 22 septembre 1978.

     

    (10) On ne présente plus le célèbre auteur du 'Petit Prince', mais rappelons toutefois qu'Antoine de Saint-Exupéry né à Lyon le 29 juin 1900 est un écrivain, un poète et un aviateur français.

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

      Il  trouve  la  mort  le  31 juillet  1944  en  mer au  large  de  Marseille lors d'une

      mission  de   reconnaissance   photographique  en  vue  du  débarquement  de

      Provence qui aura lieu du 15 août au 11 septembre 1944. On ne retrouvera son

      avion que soixante ans plus tard.

      

    André Dulière évoque ici un extrait des Carnets publiés en 1953 : 'Je prendrai de chacun de vous tout le bien, et j'en formerai un cantique'.

     

    (11) Le rhétoricien est l'étudiant de dernière année des humanités anciennes. L'élève est alors dans la classe de rhétorique. L'année précédente, il a fréquenté la classe de poésie

    Actuellement en Belgique, on donne le nom de 'rhéto' à toutes les classes de dernière année du secondaire quelles que soient les études.

     

    (12) André s'adressait à des jeunes qu'il savait déjà considérablement motorisés...

    Jacky Ickx est un pilote automobile belge né à Bruxelles le 1er janvier 1945.

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

      Il a gagné six fois les 'Vingt-quatre heures du Mans' et durant les années septante, il

      fut plusieurs fois nommé champion de Belgique des conducteurs - toutes catégories.

     

     

      Source : Wikipédia (auteur : RX-Guru)

     

    (13) Avec un certain recul, il faut constater que nous n'avons pas suivi ses précieuses recommandations. Certains professeurs doivent encore se souvenir de notre classe...

     

    (14) A la fin de l'année scolaire 1975-1976, André était membre du jury pour l'examen de maturité. Cet examen consistait en deux épreuves destinées à évaluer notre capacité de poursuivre dans l'enseignement universitaire. André participa ensuite à notre dîner de fin d'études. Il publia ensuite un petit article dans la revue 'Contact' de l'Institut Technique, article qui en dit long sur le climat qui avait régné dans notre classe de terminale et l'on savourera tout particulièrement l'allusion au 'Grand Gusse' d'Arthur Masson...

      

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     La classe de 3 TCO à la fin de cette année scolaire 1975-1976...

    C'est André Dulière qui aurait dû être photographié avec nous...

    Au dernier rang, de gauche à droite : Hugues, Charly, Patrick, Philippe, Francis.

    Au troisième rang, de gauche à droite, Jean-Paul, Alain, Christian, Jean-Yves, Xavier, Jean-Claude.

    Au deuxième rang, de gauche à droite, Thierry, Philippe, Philippe, Claude, Alain, Christian, Jean-Pol, Patrick.

    Au premier rang, de gauche à droite : le préfet de discipline (!), Michel, Jacques, moi, Thierry, Patrick, Pascal.

     

    Voici cet article paru dans la revue Contact-ITN n°4 en 1976 :

     

    Les "6-CO-Boys" et les "6-CO-Girls"

     

    C'est à Lustin, sur les bords de la Meuse - à proximité de la route décrite par Arthur Masson dans le "Grand Gusse" - que les sortants de 1976 avaient organisé leur dîner de fin d'études. Endroit particulièrement bien choisi, car, en ce 28 juin, le temps était au plus sec, et la simple présence de la Meuse (aussi coulante, ce soir-là, que l'avait été, au matin, le jury de l'examen de qualification) apportait une voluptueuse fraîcheur qui n'était que l'avant-goût d'un apéritif aussi pétillant qu'Alain S., lors de son examen de maturité.

    Une innovation propre à la promotion 76 : ceux qui le souhaitaient avaient été invités à gagner Lustin en compagnie de l'âme soeur. On s'attendait donc à une invasion, sinon une razzia de la gent féminine. Mais - ô surprise - on ne dénombra que quatre représentes des "6-CO-Girls" contre une vingtaine de "6-CO-Boys". De là à échafauder les hypothèses les plus diverses, il n'y avait qu'un pas : les seize sortants venus en solitaire étaient-ils toujours à la recherche désespérée d'une pointure à leur mesure ? Ou bien, certains avaient-ils tellement de petites amies qu'ils se sont sentis incapables de désigner la préférée ? D'autres, enfin, souhaitaient-ils cacher leur bien le plus précieux pour éviter la convoitisie d'un condisciple de bon goût ? Le mystère reste entier.

    Après l'apéritif sur l'herbe, un repas très animé fut servi avec, en bruit de fond, d'envoûtantes valses viennoises qui furent interrompues, quelques minutes, à l'heure, non des discours, mais d'une gentille improvisation de Patrick L. à laquelle répondirent successivement trois professeurs.

    Les "6-CO-Boys 76" se dispersèrent ensuite, mais on ose espérer que le lien invisible, mais fort, qui les a unis pendant trois années n'est pas, pour autant, coupé et qu'à l'instar d'autres sortants, ils se retrouveront, de temps en temps, avant les grandes retrouvailles de Jubilé prévues pour juin 2026.

     

    (15) André  aimait raconter  ses souvenirs de guerre. On lira  avec intérêt  son livre NOUS AVIONS REVE DE GLOIRE, un bataillon belge dans la Première Armée américaine (Décembre 1944 - mai 1945) - Editions "Vers l'Avenir" à Namur, 1965.

     

    (16) André citait souvent Pascal... L'extrait qu'il note ici provient des Pensées :

    'Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité. Cela est d'un ordre infiniment plus élevé.'

    [extrait de la pensée 793 (classement de l'édition Brunschvicg de 1897)]

     

    Un rapport d'inspection daté de 1969 nous éclaire une dernière fois sur le pédagogue qu'était André Dulière :

    "Monsieur André Dulière possède une très belle culture générale ; ses recherches personnelles, ainsi que ses nombreux contacts avec certains écrivains contemporains, lui permettent de faire des leçons qui, incontestablement, intéressent les élèves : à ce point de vue, l'introduction à l'oeuvre de Gérard de Nerval (en 5ème commerciale le 19 avril 1969) fut remarquable, tout comme la présentation du délicat problème posé par le Pari de Pascal (en 4ème commerciale supérieure, le même jour)."

    [Source : PETITE HISTOIRE DE LA SECTION COMMERCIALE DE L'INSTITUT TECHNIQUE DE NAMUR (1928 - 1978)' d'André Dulière - Imprimerie Bourdeaux-Capelle à Dinant - 1978 - Préface du Chanoine René Schwartz, un des directeurs de l'ITN.]

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     

     

      Né à Paris le 22 mai 1808, Gérard de Nerval était un écrivain et un poète français. 

      Il est décédé à Paris le 26 janvier 1855.

     

     

     

    21. André Dulière m'a écrit (24/08/75)

     Blaise   Pascal   était    à   la   fois  mathématicien,  physicien,  inventeur,  philosophe,

     moraliste et théologien.  Détail curieux... Pascal est né à Clairmont le 19 juin 1623 et il

     décède à  Paris le 19 août 1662.  Plus tard, Clairmont  deviendra  Clermont-Ferrand et

     l'on  peut  se  demander  quel  pari  avait  tenu André  pour aller défendre sa thèse de

     doctorat dans la même ville 353 ans plus tard... 


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