• 5. La rue Célestin Hastir

    MEMOIRE DES RUES (5)

     

    FLOREFFE - CENTRE

     

    LA RUE CELESTIN HASTIR

     

     

    Moment émouvant... Car c'est de ma rue dont je vais vous parler... Pour moi qui y ai toujours vécu, elle évoque tellement de souvenirs... Il y a plus de cinquante-cinq ans qu'elle vit avec moi et jamais je ne l'ai quittée... 


     

    5. La rue Célestin Hastir


     

    C'est une rue agréable. Les gens se connaissent bien. Quand j'étais jeune, les anciens désignaient encore ses habitants par le métier qu'ils avaient exercé...


    C'est ainsi que je me souviens encore de Palmyre l'accoucheuse (1) assise dans son garage à côté d'une drôle de voiture issue du fond des âges. Cette vénérable dame évoquait avec Maman tous ses souvenirs d'un Floreffe déjà bien vieux pour le petit garçon que j'étais...


    Il y avait aussi Joseph le fontainier (2) qui cultivait un grand potager derrière la maison. Combien de fois ai-je été l'aider dans ses travaux ? C'était un homme taciturne qui travaillait la terre avec méthode sans trop parler. Parfois, il me donnait quelques francs pour me remercier... Mais avec ce maigre salaire, je ne pouvais acheter que bien peu de bonbons au magasin Végé de la rue...


    Fernand le menuisier (3) était beaucoup plus sympathique : il habitait juste à côté de la maison et ce qui m'intéressait par-dessus tout, c'était le gros tas de copeaux qui grandissait au fil des heures au pied de ses bruyantes machines... Dans celui-ci, il jetait les boîtes vides des cigarillos malodorants qu'il fumait. C'est dans ces emballages que je récupérais des petites images représentant les châteaux de France... C'est  lors de ces fouilles que les surprenants noms de Chambord, de Loches, d'Amboise et de Pau entrèrent dans la pénombre de ma culture générale, dans un cerveau plus réceptif à l'appel des oiseaux des bois qu'à l'obligation scolaire...


    Quant à Auguste le sabotier (4), ce fut le dernier de mes vieux voisins à quitter la rue. J'ai le souvenir d'un homme plus discret, plus réservé, voire plus timide...


    Toutes ces personnes-là étaient aimables. Leur sympathie me rendait sympathique et heureux d'habiter cette rue où tout le monde possédait un jardin.


    Examinons donc maintenant cette bonne vieille rue...


    Si vous venez de Namur, vous passerez tout près de l'ancienne gendarmerie. Actuellement, elle est devenue le musée de la Police. J'ai retrouvé de vieilles cartes postales et je vous propose d'exercer vos talents d'observateur... Voyez plutôt : à l'aide de petites croix, vertes ou jaunes 'fluo' ou encore bleues, je me permets de guider votre regard... Regard sur le présent et regard sur le passé... Ensuite, laissez-vous surprendre par les nombreuses traces d'un passé qui ne demande qu'à s'exprimer et à revivre...


    5. La rue Célestin Hastir














    5. La rue Célestin Hastir













     

    5. La rue Célestin Hastir


    Continuons donc en direction de la gare dans une rue qui méritait son ancien nom : 'Avenue de la gare'...  Mais pourquoi donc a-t-on supprimé ces arbres qui rythmaient nos rues au fil des saisons ?


    5. La rue Célestin Hastir













    5. La rue Célestin Hastir












    Mais comme il serait injuste d'oublier notre vieille gare !


    5. La rue Célestin Hastir














    5. La rue Célestin Hastir














    Après le tournant, c'est un gentil bonhomme qui vous accueille... Il est capable de sourire pour vous souhaiter la bienvenue. Mais quand vous trop pressé, lui fâché et alors lui toujours faire ainsi...

    Un petit clin d'oeil à nos amis automobilistes... Juste pour leur rappeler que nous habitons dans une rue et pas sur une route...

     

    5. La rue Célestin Hastir


    Poursuivons notre chemin jusqu'au milieu de la rue Hastir... Voyez comme le passé et le présent se conjuguent aisément.


    5. La rue Célestin Hastir














    5. La rue Célestin Hastir














    Progressons vers le centre de Floreffe... Nous arrivons donc dans le 'haut' de cette Avenue de la Station... Observons...


    5. La rue Célestin Hastir

     












    5. La rue Célestin Hastir














    Revenons sur nos pas en direction de la gare... Reconnaissez que beaucoup de maisons ont conservé pas mal de détails d'antan...


    5. La rue Célestin Hastir














    5. La rue Célestin Hastir














    Mais il faut encore que je vous parle de celui qui a donné son nom à la rue.

    Célestin Hastir était un jeune soldat de Floreffe tombé lors des derniers combats de la guerre 14-18. Sa tombe se trouve dans le cimetière situé en contrebas de l'église paroissiale.


    5. La rue Célestin Hastir

















    5. La rue Célestin Hastir














    Pour terminer, je voudrais encore vous montrer 'ma' rue en mai 1968... C'était le temps de la communion solennelle, difficile charnière entre tendre enfance et tumultueuse adolescence...

    Je pose avec mes parents devant la maison familiale... En face de celle-ci, de vastes champs... Les constructions d'aujourd'hui ont envahi les territoires de jadis où jeu, amitié et aventure me faisaient un peu trop oublier cette école que je n'aimais pas. 


    5. La rue Célestin Hastir

















    5. La rue Célestin Hastir
















    Il me reste à espérer une chose : pouvoir continuer à vivre sereinement dans ce bel espace de convivialité où je me sens heureux, bien entouré par des voisins sympathiques sur lesquels on peut toujours compter...


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    Notes


    (1) Palmyre Mathieu était accoucheuse. Elle était née à Floreffe le 30 octobre 1893. Elle avait épousé Victor Hancotte, né à Malonne le 29 novembre 1890.


    (2) Joseph Borbouse était fontainier, métier essentiel dans les villages au début du XXème siècle et depuis  déjà longtemps disparu. Il était né à  Lesves le 13 juin 1901. J'ai bien connu aussi sa seconde épouse Isabelle Neufort, née à Couillet le 24 juin 1911. Il l'avait épousée en 1963.


    (3) Fernand Marcq était donc menuisier. Il était né à Floreffe le 21 janvier 1910. Il avait épousé Berthe Préat née également à Floreffe le 20 février 1912. Cette dernière était la fille de Monsieur Victor Préat dont j'ai déjà parlé dans le troisième article 'Cher Monsieur Préat...' de la rubrique 'Vieux papiers de mémoire'.


    (4) Auguste Patiny, sabotier était né à Floreffe le 17 avril 1911. Il avait épousé Gabrielle Marchal qui était née à Bois-de-Villers le 27 décembre 1912.


  • Commentaires

    1
    Olivier Dupont
    Mardi 22 Janvier 2013 à 22:48

    Quel beau voyage dans le temps.... Dommage que les arbres ne soient plus là!!

    2
    Claudius
    Samedi 21 Janvier à 17:37

    Quel bonheur, j'habitais en ce temps là rue du Coriat près du Carmel, j'ai parcouru énormément de fois cette rue Célestin Hastir, ou j'habite actuellement au bout de la rue.

    Beau travail Jean de Floreffe, Félicitation



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