• 6. Un Floreffois à Evere le 10 mai 40

    GENS DE FLOREFFE (6)

     

     

    UN FLOREFFOIS A EVERE LE 10 MAI 1940

     

     

    Je viens de retrouver dans mes archives une lettre écrite par un de mes oncles. Il s'appelle Arthur Liénart. Il habite encore chez ses parents à l'époque et il écrit d'Evere où il est soldat. Or, ce 10 mai 1940 restera une journée sinistre pour les Belges... En effet, c'est le jour où Hitler envahit notre pays...

     

    J'ai retrouvé également trois photos anciennes.

     

    Les photos

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

    Arthur Liénart est né à Floreffe le 15 juillet 1919. Il a fait ses études à l'Institut Technique à Namur et il a travaillé toute sa vie dans le domaine de la construction. Il a épousé Simone Gillard et au début de leur mariage, ils ont habité une maison située dans la rue Piconette à Floreffe.

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40


     

    Ils ont ensuite déménagé à Uccle et le couple a élevé trois enfants : Jeanine, Nadine et Monique. Arthur est décédé à Uccle le 16 mai 1975. Son épouse qui était née le 27 novembre 1920 est décédée le 9 décembre 2012.

     

     

    L'enveloppe et son contenu

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    6. Un soldat floreffois à Evere le 10 mai 40

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le message

     

     

    Ce 10 mai 1940

     

    Bien chers vous tous,

     

    Eh bien, quelles bonnes nouvelles à Floreffe, que racontent les bobards du village ... je suis sûr que l'on exagère tout et plus ... gardons le sourire, la vie est belle...

     

    Ce matin, à 2 heures, je fus réveillé... alerte... et vers 4 heures, les premiers appareils boches venaient nous dire bonjour, à Bruxelles et dans quelques localités. On déplore des dégâts importants en(tre) autre à Evere où ce matin les jolis assassins d'Hitler lançaient quelques pruneaux sur l'aérodrome et les alentours... Bref, inutile de s'en faire, si on doit se battre, eh bien ! on se battra, nous ferons l'impossible pour ressembler (à) nos ancêtres et par notre courage et par notre bravoure mais quand à  livrer (?) ma peau... Ah ça non pas encore car on a qu'une fois 20 ans et ce n'est pas pour se faire fracasser surtout que j'ai et vous tous et des chères mar(r)aines et tout... ce que vous voulez ?.... Tant de misères (?) cette guerre... !!!

     

    Donc nous sommes en alerte, tout est chargé sauf évidemment le bureau qui ne part qu'en tout dernier lieu, destination 99 % de chance que ce soit pour Courtrai ! mais quand peut-être (?)... et de là nous sommes à cheval sur la frontière... Eh bien, s'il faut, nous irons boire du pernaud (sic) en France !... de Courtrai je ne suis pas très loin et de G... (?) et plus près encore du village de ma "cousine", Warcoing je pense !

     

    Enfin, nous verrons ce que demain sera fait (sic).

     

    Toutefois inutile de vous lamenter et tracasser sur mon sort le (?) reste calme avec un moral bien digne de Liénart et en parfaite santé pour affronter tout ce qui pourrait se présenter.

     

    J'écrirai aussitôt que possible pour vous donner de mes nouvelles.

     

    Dans l'attente de vous lire en famille je vous envoie mes meilleures amitiés à tous : compris hein maman inutile, et je ne veux pas que vous vous en fa(i)ssiez pour Arthur, d'autre(s) pourrai(en)t peut-être s'en faire plus que vous en pensez, car il a des relations votre fils Arthur !!

     

    (signé) Arthur

     

     

     

    Quelques commentaires

     

    Arthur fait son service militaire : le 'timbre' S.M en témoigne.

     

    La lettre est adressée à ses parents. Père et fils ont le même prénom.

     

    Arthur est caporal et indique au verso de l'enveloppe qu'il est en campagne. 

     

    Il scelle sa lettre avec un A majuscule. 

     

    L'écriture est nerveuse... On le sent pressé par les événements... La guerre est déclarée et l'ennemi frappe très près de lui.

     

    On le sent fier dans toute l'exubérance de ses 19 ans... 

     

    Il parle de Warcoing...  Sa femme était originaire de la région de Warcoing... Qui était donc cette 'cousine' ? 

     

    A la fin de la lettre, on constate qu'il vouvoie sa mère...

     


  • Commentaires

    1
    Marie-Paule
    Samedi 9 Février 2013 à 19:26

    En lisant ton article cela m'a fait drôle dans le sens où je suis originaire d'Evere et j'ai un beau-frère dont le papa habitait

    Warcoing et était en même temps médecin généraliste, gynécologue et avait également sa pharmacie chez lui

     comme on pouvait encore bien voir à l'époque...

     



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