• 8. Camille Jacquemin en 1932

    GENS DE FLOREFFE (8)

     

    L'ABBE CAMILLE JACQUEMIN

    Un compositeur au séminaire de Floreffe.


     

    J'avais déjà parlé de l'abbé Camille Jacquemin dans l'article 9 concernant le 'carnet de Chine' de mon grand-père. Je ne savais pas alors que j'allais retrouver une photo de cet ami de mon oncle Alphonse dans mon sombre grenier rempli d'intéressantes archives.

     

    Quel bonheur, ces archives ! Vous devinerez aisément qu'elle me procure beaucoup de plaisir tout en me demandant beaucoup de recherches... Ainsi revit le passé à travers ce passionnant travail de mémoire... 


    Je vous présente donc cette grande photo...

     

    8. L'abbé Jacquemin en 1932


    Nous voici le mercredi 20 juillet 1932... Etonnante date pour un jour de distribution des prix... L'abbé Camille Jacquemin est en pleine répétition avec la chorale et l'orchestre.


    Mais qui est Camille Jacquemin ? 


    Camille Jacquemin est né à Halanzy le 7 décembre 1899. Comme il manifeste très tôt des dons pour la musique, il reçoit ses premières leçons de célèbres maîtres parmi lesquels on citera Auguste Verrees, l'organiste de la cathédrale de Namur ou encore René Barbier, directeur du Conservatoire de Namur.


    8. L'abbé Jacquemin en 1932









    Auguste Verrees (1884-1957), organiste de la cathédrale de Namur de 1906 à 1949.


    A 12 ans, il est déjà organiste à Saint Mard. 


    Après ses humanités greco-latines au collège Saint Joseph à Virton, il arrive au séminaire de Floreffe en septembre 1916. Il poursuit sa formation pour devenir prêtre à Floreffe et à Namur et en même temps, il continue ses études musicales.


    En 1922, il n'a pas encore 23 ans quand il est ordonné prêtre. Il sera vicaire à Bertrix.


    En 1925, il est autorisé par sa hiérarchie à poursuivre sa formation musicale à Paris où il fréquente la Schola Cantorum et l'Institut Grégorien. Ses maîtres français seront Louis Vierne et Vincent d'Indy.


    8. L'abbé Jacquemin en 1932










    Louis Vierne, l'organiste aveugle de Notre-Dame de Paris


    En septembre 1929, il est nommé à Floreffe comme professeur de chant et il est chargé de former des écoles de chant et d'orgue dans la région. Il composera plus de cent trente oeuvres dont un oratorio en 1933 : 'Le mystère de l'Invention de la Croix'. Mais il n'oubliera pas son ancien professeur Louis Vierne, titulaire du grand Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Paris en lui dédiant sa symphonie en si mineur en 1928. Le terroir de son enfance ne sera pas non plus oublié dans ses oeuvres intitulées 'Noël ardennais', 'Avioth' ou encore 'Orval'.


    Durant cette période, plusieurs artistes français séjourneront à l'abbaye. Parmi ceux-ci, notons Charles Tournemire, l'organiste de Sainte-Clotilde à Paris qui lui avait dédié le 12ème office de son oeuvre 'L'orgue Mystique' et Joseph Bonnet, l'organiste de Saint-Eustache à Paris...


    8. L'abbé Jacquemin en 1932





     

     







    Charles Tournemire (1870-1939)


    8. L'abbé Jacquemin en 1932













    Joseph Bonnet (1884-1944) aux claviers de Saint-Eustache à Paris


    Ce que les Floreffois d'aujourd'hui ne savent pas, c'est qu'à ce moment, l'abbaye était un centre culturel et musical très important. Compositeurs, écrivains et artistes belges et français retrouvaient souvent dans la Cour Verte de l'abbaye un abbé Jacquemin au sommet de son art.


    Ensuite, la guerre fit son oeuvre... La vie musicale à Floreffe entra en léthargie. En 1941, le musicien souffrit de dépression. Il décédera prématurément le 17 juillet 1947. 


    Le facteur d'orgue Maurice Delmotte de Tournai lui avait construit un orgue d'étude de sept jeux sur deux claviers et pédalier. C'est cet orgue que mon oncle Alphonse Liénart racheta à la mort de l'abbé. A la mort de mon oncle, l'instrument fut placé dans l'église provisoire de Bois-de-Villers. En effet, l'église paroissiale de Bois-de-Villers fut détruite par un incendie anéantissant ainsi l'orgue de 22 jeux construit par Walcker.

    L'orgue de l'abbé Jacquemin fut vendu à un organiste hutois en 1975.



    Son supérieur, le Chanoine Kaisin disait de lui :


    'Si l'influence de l'abbé Camille Jacquemin fut tellement profonde, c'est qu'il faisait chanter les âmes en harmonie avec la sienne et qu'il les élevait dans la beauté jusqu'à Dieu'.



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